Quelle est donc cette population d’adultes dont on parle de plus en plus et qui fait couler beaucoup d’encre ? On les appelle les zèbres, les surdoués, les hauts potentiels, les atypiques…

Doués d’une intelligence hors norme, les surdoués représentent 2,1% de la population et ont un QI supérieur à 130.

Si certains connaissent leur particularité depuis l’enfance d’autres le découvrent à l’âge adulte et contrairement aux idées reçues, la douance n’est pas forcément un cadeau.

 Etre surdoué, c’est d’abord et avant tout une façon d’être intelligent, un mode atypique de fonctionnement intellectuel, une activation des ressources cognitives dont les bases cérébrales diffèrent et dont l’organisation montre des singularités inattendues. Jeanne Siaud Facchin

Leur intelligence diffère de la norme qualitativement plus que quantitativement bien que la mesure du QI nous induise en erreur depuis des décennies. Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, spécialisée dans le suivi des hauts potentiels et auteure du livre « Trop intelligent pour être heureux », l’exprime de la façon suivante : « Etre surdoué, c’est d’abord et avant tout une façon d’être intelligent, un mode atypique de fonctionnement intellectuel, une activation des ressources cognitives dont les bases cérébrales diffèrent et dont l’organisation montre des singularités inattendues. »

Les neurosciences ont permis de mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces drôles de zèbres. On constate une vitesse accélérée de transmission de l’information entre les neurones, une meilleure connectivité et une hyperactivité permanente.

Ces particularités, découvertes dans le cerveau des surdoués, ont aussi conduit à mieux comprendre leurs capacités cognitives et émotionnelles, ainsi que celles d’action et de perception, bien spécifiques chez eux.

On retrouve d’ailleurs des points communs chez les surdoués : l’hypersensibilité, la rapidité de traitement des informations, des automatismes de pensée, l’hypercontrôle pouvant conduire à des pensées obsédantes, une hyperconscientisation du monde qui l’entoure et une réceptivité sensorielle exacerbée.

Quand ils sont détectés à l’âge adulte, les hauts potentiels sont souvent surpris par cette information qui leur tombe dessus. Ils peuvent avoir du mal à y croire tellement ils ne se sentent pas si intelligents que veulent bien le dire les tests qu’ils viennent de passer. Ils sont malgré tout soulagés car, d’un seul coup, tout devient limpide et ils peuvent enfin mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et vivent depuis des années. Si certains ont parfois des soupçons que les résultats ne font que conforter, pour tous il y a un avant et un après cette révélation.

L’accompagnement de ces adultes atypiques est souvent souhaitable voire nécessaire. Le ou la psychologue ayant réalisé les tests sera toujours la première personne en contact avec le surdoué tout nouvellement révélé. C’est elle qui lui fera passer les tests et qui lui en révèlera et expliquera les résultats. Elle sera peut-être amener à le suivre si c’est le choix de son patient.

Il existe aussi une autre alternative pour les hauts potentiels adultes : le coaching. Et je pense en particulier au coaching professionnel. Qu’ils aient l’impression de perdre leur temps en réunion, d’avoir 10 idées à la minute sans pouvoir en concrétiser aucune, se sentir en décalage avec leurs collègues ou leur direction, s’ennuyer, avoir envie de changer de poste très souvent… ils sont sur un terrain professionnel avec une demande bien spécifique. Le ou la coach, sensibiliser à leur particularité, pourra les accompagner jusqu’à l’atteinte de leur objectif tout en profitant pleinement de leur atypisme, en capitalisant sur leur extraordinaire potentiel et en canalisant davantage leur énergie émotionnelle.

Etre un haut potentiel dans une organisation n’est pas forcément simple mais quand la douance est exploitée consciemment par l’individu qui en est doté, elle devient un atout surpuissant pour lui-même et pour son entreprise.

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